Ils ont fait la fête et pourtant leur équipe nationale a perdu au mondial

Ils ont fait la fête et pourtant leur équipe nationale a perdu au mondial

Sacrée soirée pour ces jeunes marocains ce jour de l’Aïd après le ramadan qui coïncide avec le match Maroc – Iran au Mondial 2018. Extasiés devant leur petit écran de smartphone, de tablette ou grand écran de télévision à la maison, les parents ou grands-parents qui ne sont même pas habituellement intéressés par le football, ce jour, se rejoignent à leurs petits et grands pour partager cette extase collective. Et ce n’était pas une séance de repos, plein de rebondissements et de surprises…

Et le temps passe et rien ne se passe de concret, rien n’est conclu d’un côté comme de l’autre. On dirait que tout le monde s’apprête à boucler l’affaire sur un partage équitable.
Et ce fût la grande surprise dans le temps additionnel: un but contre son camp en faveur de l’Iran. Malheureux ou maudit ce joueur Bouhadouz qui, suite à une mauvaise négociation d’un ballon lifté par un attaquant iranien, se voit projeter le cuir rond dans son filet !
Une douche froide et un tonnerre de mécontements s’abattent sur l’ensemble des admirateurs, bien entendu tant dans le fin fond du pays que dans les grandes villes, voire même dans de grandes villes du monde comme Saint-Pétersbourg où un bon nombre de citoyens marocains parmi plus de 50000 êtres humains ont suivi en chair et en os ce grand événement.
Vient ensuite le temps des commentaires après le sifflet final et les critiques, rien que des critiques alimentant ainsi la toile et les réseaux sociaux parfois pour compatir, mais surtout pour maudir ce malchanceux Bouhadouz.

Hicham ce jeune étudiant qui à la mi-temps se préparait à fixer le drapeau marocain sur le capot de sa Golf cria avec enthousiasme à la mi-temps: vous allez voir on va “se les faire” ces ayatollahs, on va gagner trois à zéro.

Déçu parmi tant de millions de personnes après le match, Hicham arracha avec brutalité insouciante son drapeau et rentra chez lui tête baissée, le visage crispé.
Je m’attendais à ce que ce douloureux événement réveille un malaise à exprimer dans les ruelles et boulevards de la ville de Rabat où je suis de passage. Ce soir à la tombée de la nuit en sortie pour me dégourdir les jambes, je découvre tout une autre ambiance à laquelle je m’inscris avec grande admiration car j’ai vu des événements honteusement dramatiques suite à un échec d’une équipe nationale maghrébine dans un match de foot. Bien entendu ce soir à Rabat, ce que j’ai vu et entendu n’a rien à voir avec des voitures calcinées, les cris, les insultes et des feux rouges brûlées par des jeunes qui venaient de leur ghetto dans la banlieue lilloise et convergeaient avec leur bagnols vers le centre ville, drapeaux du pays d’origine de leurs parents à la main pour exprimer leur mécontentement à leur manière…

Ce que j’ai vu ce soir à Rabat force l’admiration de tous: Par-ci, par-là de petits groupes de jeunes bras levés captent des selfies en chantant et en dansant avec d’autres jeunes qui jouaient de la musique, qui chantaient et dansaient aussi. Leurs visages marqués par la fatigue et la désolation était à ce moment-là animés par la joie et la bonne humeur.

C’est la magie de l’Aïd qui opère dans l’esprit et les mentalités des gens quelque chose de très fort, d’indelibile et qui ne s’efface pas comme ça d’un coup de sifflet final qui ne plaît pas à tout le monde.
C’est ainsi qu’une jeunesse rabatie-j’en suis témoin- ont célébré ce jour du vendredi 15 Juin 2018 , où coïncide le jour de l’Aïd et le match Maroc-Iran.

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