Après plusieurs apéros géants dans de grandes villes françaises , le phénomène arrive à Paris. Plus de 13.000 internautes ont déjà répondu présent pour participer à un apéro géant prévu dimanche 23 mai dès 19 heures, sur le Champ-de-Mars. Plus de 14.000 autres membres du réseau social ont répondu “peut-être”, et la fête pourrait rassembler “plus de 50.000 personnes” selon l’Agence France-Presse. La préfecture de police prévient que s’il est légitime de vouloir s’amuser, il ne faut pas être naïf : un tel événement entraîne des problèmes sanitaires et de sécurité qui mettront en danger les participants.
Rassembler des milliers de personnes via Internet, c’est très à la mode, et dans la plupart des villes où de tels apéros ont eu lieu, aucun incident grave n’a été à déplorer. Mais les choses peuvent aussi dégénérer, comme cela fut le cas à Rennes (14 hospitalisations). Bien consciente que l’initiative vient probablement de jeunes internautes, pas forcément au fait des obligations légales liées à l’organisation d’une manifestation , la préfecture de police de Paris se plaît à rappeler sur son site qu’un “dispositif de protection civile et sanitaire doit être mis en place par l’organisateur” (et donc, financé par lui). “Un incident, plus ou moins grave, est toujours possible, qui exige qu’une évacuation puisse se faire de manière rapide et ordonnée, en évitant bousculades ou piétinements”, explique encore la préfecture de police. En plus du bandeau rouge et orange inséré sur toutes les pages de son site, la PP a aussi créé une page Facebook pour communiquer sur le même terrain que les organisateurs. Elle relaie par ailleurs un lien “contre l’apéro géant à Bergerac financé par les contribuables”.
“Faire la fête ? D’accord, mais en toute sécurité !”
La police rappelle que “la consommation d’alcool est strictement interdite sur le Champ-de-Mars”. Selon elle, “nul ne pourrait apporter sur le site de boissons alcoolisées sans commettre une infraction”, mais elle ne précise toutefois pas quelle tolérance serait mise en pratique. Un précédent inquiète fortement les forces de l’ordre : “En juin 2008, un rassemblement festif improvisé pour célébrer la fin des épreuves du baccalauréat avait réuni 5.000 à 7.000 personnes sur le même site. Au fur et à mesure de l’avancée de la soirée, les bagarres liées à la consommation excessive d’alcool et des agressions en série ont abouti à de nombreuses victimes et entraîné 29 interpellations”, explique la PP. La police craint que des voyous ne se donnent aussi rendez-vous dans le but de dépouiller les participants, comme elle le constate depuis plusieurs années lors des manifestations lycéennes et étudiantes.
Pour calmer les esprits, la police précise par ailleurs que “le droit à se rassembler sur la voie publique est [...] une liberté fondamentale qu’elle a pour mission et pour habitude de garantir”. Et de rappeler qu’elle a “autorisé et veillé au bon déroulement de 3.126 rassemblements festifs en 2009″. Sur Facebook, les organisateurs semblent avoir rendu les armes : la page de l’apéro du 23 mai est toujours active, mais celle d’un autre apéro prévu le 26 juin précise que les deux dates sont annulées.
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