L’islam consulaire marocain est sorti victorieux hier soir des élections des représentants du culte musulman en France.
Une page se tourne au Conseil français du culte musulman (CFCM). Dimanche, une forte participation a marqué les élections pour renouveler les instances de cette institution, minée par les crises à répétition et les luttes de pouvoir. Le CFCM va changer de président puisque Dalil Boubakeur, à la tête de l’institution depuis sa création en 2003, a retiré sa candidature, se faisant ainsi détrôner lui même de son règne sur la mosquée de Paris . Pour rappel celui-ci avait été imposé à la présidence par le ministre de l’Intérieur de l’époque Nicolas Sarkozy alors que son groupe était arrivé troisième aux élections.
La Fédération nationale de la Grande Mosquée de Paris (GMP, proche de l’Algérie) boycotte les élections, espérant en vain obtenir un changement du mode de scrutin. Michèle Alliot-Marie n’a pas souhaité intervenir.
C’est l’islam consulaire marocain qui sort victorieux. Son Rassemblement des musulmans de France emporte la mise avec 20 sièges sur les 41 que compte le conseil d’administration. L’UOIF, proche des Frères musulmans, tire son épingle du jeu avec 13 représentants. La Coordination des musulmans turcs de France remporte 4 sièges, 3 reviennent à des listes indépendantes et un à la Fédération nationale des musulmans de France.
Les 4 862 délégués de 1 039 mosquées et salles de prière ont aussi voté pour désigner les cadres des 25 conseils régionaux du culte musulman. Le processus s’achèvera le 22 juin avec l’élection du nouveau président, probablement Mohammed Moussaoui, le vice-président du RMF. Professeur de mathématiques à Avignon, tenant d’un islam consensuel, respectueux «des textes fondateurs et contextualisés».
Le est paralysé depuis sa création en 2003 par les rivalités entre les groupes de différentes sensibilités qui le composent et son président , recteur de la Grande mosquée de Paris, qui avait été imposé à la présidence par le ministre de l’Intérieur de l’époque Nicolas Sarkozy alors que son groupe était arrivé troisième aux élections. Mais le gouvernement a refusé d’intervenir cette fois-ci et a annoncé que sa fédération boycottait les nouvelles élections.
Or, cette année, le choix du futur président du CFCM s’est discuté entre Rabat et Alger, qui revendiquent la prééminence sur la deuxième religion de France. Le pays compte environ 5 millions de personnes de culture arabo-musulmane, dont 1,5 million d’Algériens et 1 million de Marocains. Les Algériens s’estiment en droit de chapeauter le CFCM. Mais les Marocains, qui gèrent environ 40 % des lieux de culte, affirment compter plus de musulmans pratiquants dans leurs rangs. Leurs consulats se sont d’ailleurs fortement impliqués pour inciter à voter.
Selon plusieurs dirigeants , une nouvelle direction devrait permettre au de s’attaquer à un certain nombre de problèmes que doivent affronter la deuxième de France et ses cinq millions de fidèles, comme la formation des imams, la construction de nouvelles mosquées et l’organisation des pèlerinages à la Mecque.
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