Le décès de Chantal Sébire n’est pas dû à sa maladie
Chantal Sébire est décédée d’une mort… non naturelle. Selon le procureur de la République de Dijon, «l’état personnel de cette personne n’a pas entraîné sa mort directe». Il a ajouté que «les causes précises du décès restaient à déterminer».
Il n’y a donc plus guère de doute. Chantal Sébire est morte volontairement, mercredi, en fin de journée, dans son appartement. Ses enfants venaient de passer l’après-midi avec elle. En début de soirée, une de ses filles a prévenu la police du décès. Suicide, suicide assisté, accident médicamenteux ? Tout est possible et les interrogations sont entières. Une autopsie a été réalisée, jeudi, dont les premiers résultats ont donc montré que son décès n’était pas lié à sa maladie. Selon le procureur, la famille de Chantal Sébire ne s’est pas opposée à cette autopsie. Des analyses toxicologiques ont été effectuées, révélant dans le corps un nombre important de substances. «Elles sont en cours d’analyse, pour être affinées, et cela nécessitera un certain nombre de jours, voire de semaines, a précisé le procureur. Ce n’est pas étonnant puisque Mme Sébire prenait un certain nombre de médicaments.»
La réalisation de cette autopsie a provoqué la colère de Me Gilles Antonowicz, l’avocat de Chantal Sébire. «Je pense que tout cela est grotesque et que cette autopsie n’avait pas lieu d’être», a-t-il déclaré. Le médecin personnel de Chantal Sébire, le Dr Emmanuel Debost, a déclaré de son côté que «l’autopsie était de l’acharnement judiciaire et [que] cela n’apportait rien de savoir si Mme Sébire s’était suicidée ou pas».
Pour justifier l’autopsie - ce qui est de fait la règle dans ce genre de circonstances -, le procureur a expliqué que «la justice devait savoir si la mort était naturelle ou si quelqu’un l’avait aidée à mettre fin à ses jours». Chantal Sébire qui souffrait depuis plusieurs années d’un esthesioneuroblastome, tumeur incurable et potentiellement mortelle qui lui déformait le visage, s’était toujours déclarée «violemment hostile» à un suicide, mais souhaitait que lui soit administrée une injection létale.
«Puisque l’hypothèse de la mort naturelle a été écartée par la justice, l’origine de la mort semble donc provenir de substances qu’elle aurait avalées et donc d’un suicide», a estimé, vendredi, Jean-Luc Romero, le président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD). «Dans cette affaire, la justice fait son travail. Doit-on modifier la loi ? Ce n’est pas une question qui relève de la magistrature, mais cela relève de la responsabilité de l’exécutif et du législatif», s’est défendu le procureur. Celui-ci n’a donné aucune précision sur le lancement d’éventuelles poursuites judiciaires.
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