JO: le nageur “Phelps” ou la puissance 8

«Quand j’étais gosse, ma prof d’anglais avait dit à ma mère que je n’arriverai jamais à rien dans la vie. Quand j’y repense, cela me fait beaucoup rire.» Michael Phelps peut bien rigoler. Il vient de réussir sont fabuleux pari: battre le record de sept médailles d’or récoltées au cours des mêmes JO. Un record détenu jusqu’ici par Mark Spitz, en 1972. Huit jours après son premier titre, l’ouragan de Baltimore a tout dévasté sur son passage. Huit titres, sept records du monde et un record olympique. Il n’y a pas de mot pour décrire ce que vient de réaliser le nageur de 23 ans. Ou alors, il faut en inventer un à sa mesure: Phelps-no-mé-nal!

HUIT, CHIFFRE PORTE-BONHEUR On l’a beaucoup entendu, le chiffre 8 a une signification particulière pour la Chine. Pour Michael Phelps, cela ne fait pas de doute: il s’agit d’un porte-bonheur. Avant le voyage de Pékin, le nageur américain et son entraîneur étaient les seuls à croire en ce pari insensé. «Rien n’est impossible. Il suffit d’un peu d’imagination», a-t-il lâché en conférence de presse, pour expliquer son exploit. «Quel était mon objectif avant ces Jeux? Exactement ce que j’ai réalisé. C’est formidable d’atteindre ses rêves. Mais sans mes coéquipiers du relais, tout ceci ne serait jamais devenu réalité.»

MARK SPITZ DITHYRAMBIQUE Effacé des tabelles, Mark Spitz a qualifié l’exploit de Phelps d’épique. «Cela montre que non seulement ce gars est le plus grand nageur et le plus grand Olympien, mais peut-être aussi le plus grand athlète de tous les temps», a déclaré le héros des Jeux de Munich. «Je m’étais toujours demandé ce que ça me ferait d’être détrôné. Cela m’a enlevé un poids énorme», a confié Spitz.

LE SECRET DE LA GLOIRE Doté d’un corps fait pour la pratique de la natation, Phelps tient sa réussite à un autre facteur. Le quotidien américain USA Today raconte le truc du magicien: il s’entraîne aussi le dimanche, afin de lui donner une avance de 52 jours par an sur ses rivaux.

LA CHANCE S’EN MÊLE Pas de record sans un soupçon de chance. Phelps y a eu recours à deux reprises à Pékin. La première lors du relais 4 x 100 m libre. Alain Bernard, champion olympique du 100 m allait offrir la victoire à la France quand l’Américain Jason Lezak a sorti la course de sa vie, venant coiffer au poteau le «Musclor» tricolore.

Deuxième coup de pot samedi, lors du 100 m papillon. Phelps n’était que 7e après 50 mètres. A vitesse réelle, on pensait que le Serbe Milorad Cavic avait préservé un court avantage. Mais le chrono a donné l’Américain vainqueur pour 1 centième de seconde. «J’ai fini tellement vite que je me suis cogné la tête contre le mur», concédera Phelps, à… tête reposée.

DE L’OR DANS SES CONTRATS Huit victoires aux Jeux olympiques, cela n’a pas de prix. En théorie seulement. Car dans le monde des affaires, devenir une légende vivante, cela rapporte gros, très gros. Combien exactement? On estime ses revenus à quelque 3 millions de dollars (3, 3 millions de francs), qu’il gagne grâce à ses contrats de sponsoring. Michael Phelps est sponsorisé par la chaîne TV ESPN, l’horloger Omega, l’équipementier Speedo, les cartes de crédit Visa, l’opérateur ATT, les baladeurs MP3 Matsunichi et Kellogg’s, pour ne citer que les plus connus.

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