Birmanie: Choix humanitaire ou fierté du dictat ?

Lors que le dernier bilan officiel du passage du cyclone Nargis s’établissait, mardi 6 mai, à près de 25 000 morts et 41 000 disparus et que la situation sur place est “équivalente aux zones dévastées par le tsunami” de 2004 selon l’ONU, l’aide internationale peine à arriver aux victimes. En cause : le contrôle bureaucratique très strict exercé par la junte militaire.

Si le matériel de première nécessité commence à arriver dans les villes, les visas demandés par les fonctionnaires de l’ONU et des différentes ONG mobilisées ne sont accordés qu’au compte-gouttes, la junte ayant affirmé que les équipes “devront négocier [leur présence] avec le ministère des affaires étrangères”.

LES SECOURS ENTRAVÉS PAR LA DÉSOLATION

L’organisation des secours est également ralentie par les dégâts matériels, qui empêchent l’accès aux zones les plus touchées. La région du delta d’Irrawaddy et de Rangoun, où de nombreuses municipalités sont en état de catastrophe naturelle, ont été frappées de plein fouet. Des images satellitaires de la NASA et de l’ONU montrent de vastes étendues entourées par les eaux, des maisons détruites et d’énormes arbres déracinés.

Les autorités militaires, qui assurent faire “de leur mieux” pour secourir les victimes, acceptent les dons financiers de plusieurs pays tout en refusant de donner carte blanche aux équipes de secours. L’attitude de la junte vis à vis des Etats-Unis est révélatrice : si l’aide de 3 millions de dollars a été appréciée, l’envoi d’équipes sur place a été refusé, la junte accusant régulièrement les Américains de vouloir renverser leur régime. Bernard Kouchner, qui s’était proposé pour aller sur place, a regretté que les autorités “n’acceptent pas l’aide directe et le personnel que nous avons proposé”.

Le dernier bilan diffusé par les médias d’Etat laisse penser que le coût humain de la catastrophe, qui est passé de 100 à 25 000 en trois jours, pourrait se révéler bien plus lourd. “Si, à ce stade, le gouvernement nous dit que les chiffres atteignent déjà plus de 20 000 morts et 40 000 disparus, je pense que cela pourrait bien augmenter. Je ne serais pas surpris si cela montait jusqu’à 50 000″, estime l’ONG Save The Children, une des rares à être sur place. Les Nations unies, qui peinent à transporter des vivres jusqu’aux régions rurales les plus touchées, affirment que des zones entières de culture de riz ont été anéanties et qu’un million de personnes pourraient être sans abri.

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