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La fête de Thanksgiving a été une fête des ours. En jargon financier anglo-saxon, ce sont « les baissiers ». Et cette fois, ils avaient raison.
En effet, l’émirat de Dubaï confronté à un risque de faillite a été l’évènement majeur de ces deux derniers jours. Mercredi, Dubai World, l’un des holdings les plus importants de l’émirat, a demandé une moratoire de six mois sur sa dette quelques heures après que l’état avait indiqué avoir levé $5 milliards auprès de deux banques d’Abu Dabi.

Dubaï qui croule sous sa dette de $80-90 milliards, dont $59 milliards porté par le seul Dubaï World, s’est vu déstabilisé à partir de l’automne 2008 quand le crédit s’est raréfié. Dans la soirée, le gouvernement a tenté de rassurer les opérateurs que cette demande était nécessaire «pour faire face au fardeau de la dette de l’émirat» en ajoutant que «L’économie de l’émirat est durable ».

Cela n’a pas empêché les futures de Dow Jones de chuter très brutalement. Depuis le plus haut atteint pendant la nuit de jeudi à 10 486, les contrats à terme ont dégringolé de 363 points jusqu’à vendredi matin quand ils ont atteint 10 123 points. Ils se sont ensuite redressé de 150 points avant l’ouverture de Dow Jones. L’indice qui a commencé la cotation en baisse a tout de même repris une centaine de points par rapport aux futures. Mais, en sachant que mercredi soir l’indice a clôturé à 10 464 points, le Dow Jones a perdu 154 points ou 1,48% à 10 309 points dans de très grandes volumes ($130 milliards échangés, sachant que l’indice n’a été ouvert que jusqu’à 19 heures). Aucune action au sein de l’indice n’a enregistré la hausse. Les plus grands perdants ont été les financiers, à l’instar Bank of America (-3%), American Express (-2,1%) et JPMorgan Chase (-2%) ainsi que les industriels qui ont souffert du dollar plus fort, par exemple Alcoa (-2,6%) et Caterpillar (-2,7%). Le renchérissement du dollar est tout à fait normal, car les investisseurs guidés par les craintes sur la solvabilité de Dubaï se sont tournés vers la valeur refuge, le dollar.
Le SP500 s’est effondré de 19,14 points ou 1,72% au-dessous de 1 100 points, à 1 091,49 points en enregistrant uniquement 3 actions en hausse.
L’indice des valeurs technologiques jugées défensives, le Nasdaq, a reculé de 37,61 points ou 1,73% à 2 138 points.

Il est intéressant de noter que cette annonce de Dubaï est survenue à la veille du jour quand les marchés américains devraient être fermés. Et on peut supposer que cela n’a pas été fait par hasard. Certes, les futures ont lourdement chuté et l’absence de plusieurs opérateurs n’a fait qu’amplifier le mouvement. Mais les investisseurs ont eu du temps pour réfléchir et se calmer ce qui a limité la casse aujourd’hui.

Par ailleurs, la tendance graphique sur Dow Jones a été baissière au moins à court terme depuis environ une semaine et la déclaration des difficultés financières de Dubaï n’a été que le déclencheur de cet effondrement.

Est-ce qu’on peut craindre la faillite de Dubaï? Probablement pas, car car son voisin très riche, Abu Dhabi pourrait venir à son secours. Mais il faut se rappeler des exemples des faillites des états au début des années 2000 ce qui était le cas de l’Argentine et l’Indonésie.

En conclusion, la quasi-faillite de Dubaï World indique que la crise n’est pas terminée. La récession, elle, s’est achevée. Mais rien n’empêche les marchés de chuter encore. Pour l’instant il est difficile de détecter le vrai humeur du marché qui a été absolument logique en sa réaction à une telle annonce. Lundi nous allons voir si les investisseurs jugent cette situation de Dubaï comme grave et posant des problèmes à la reprise durable ou s’ils estiment que c’est un bon moment pour se positionner à la hausse après une “belle” baisse.wallstreet.blogs.challenges.fr. Mariya Solovyeva, trader indépendant

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