ROSARNO — (AFP”) Si nous ne partons pas, nous mourrons”, dit Francis, un Ghanéen de 25 ans, qui comme des centaines d’autres Africains venus récolter des agrumes en Calabre, dans le sud de l’Italie, a décidé de fuir, même sans avoir été payé, après les violences des derniers jours à Rosarno.
“Nous sommes venus pour travailler et, maintenant, on nous tire dessus”, explique-t-il, peu avant de partir de son logement de fortune dans une usine désaffectée vers Naples, sans les 200 euros que son employeur lui doit.
Tout a commencé jeudi, apparemment par des tirs à la carabine à air comprimé sur des immigrés, qui ont été légèrement blessés. Des centaines d’étrangers, en majorité des Africains employés illégalement, sont alors descendus dans les rues de Rosarno et ont tout cassé sur leur passage, malmenant au moins une jeune femme et ses enfants.
La police a repris le contrôle de la situation, mais, vendredi, des groupes d’habitants de Rosarno ont décidé de se venger et ont procédé à une véritable chasse à l’étranger.
Bilan depuis jeudi: 67 blessés, soit 31 immigrés, dont 2 en état grave, 19 policiers et 17 habitants.
Le gouvernement a organisé des navettes pour transférer les immigrés vers des centres d’accueil dans plusieurs villes comme Crotone, Naples et Brindisi, avec la promesse qu’ils ne seront pas arrêtés, même les clandestins. D’autres sont partis par leurs propres moyens.
Environ 700 immigrés sur les milliers venus pour deux mois de récolte à Rosarno, seraient déjà partis, selon un responsable de l’immigration au ministère de l’Intérieur.
“Nous avons peur, il n’y a plus rien pour nous ici”, dit Ali, la trentaine, prêt à s’embarquer sur une navette avec quelques affaires dans une petite valise. Son employeur lui doit 500 euros.
Wikio