Françoise Desset, la doyenne des juges du pôle financier de Paris, a décidé mardi d’ouvrir une information judiciaire pour “recel de détournement de fonds publics” concernant le patrimoine détenu en France par trois présidents africains de pays producteurs de pétrole : le dirigeant du Congo-Brazzaville Denis Sassou-Nguesso, celui de Guinée équatoriale Teodoro Obiang et le Gabonais Omar Bongo. La juge d’instruction française a en fait accepté une plainte déposée par l’association Transparency International France.
“La plainte déposée par Transparency International est irrecevable, elle n’a pas qualité pour représenter les citoyens du Gabon. J’espère donc que le parquet fera appel”, a dit l’avocat français d’Omar Bongo, Me Patrick Maisonneuve. Les trois présidents africains visés nient toute malversation.
Si l’enquête était effectivement lancée, les magistrats se heurteraient à l’immunité coutumière accordée aux chefs d’Etats en exercice, mais leurs proches n’en bénéficient pas et peuvent donc en théorie être arrêtés, sauf immunité diplomatique.
La ministre de la Justice Rachida Dati a refusé de prendre position sur le sujet mercredi. “Je ne suis pas partie à l’affaire, je m’exprime en tant que garde des Sceaux. (…) Même s’il est sous l’autorité du procureur général et du garde des Sceaux, il y aussi une opportunité (dans la démarche du parquet-NDLR). Je ne vais pas prendre une position”, a-t-elle dit.
Le “trésor” au cœur de cette bataille juridique est composé de logements fastueux, de voitures de luxe et de centaines de comptes bancaires appartenant aux trois présidents africains dans la ligne de mire de la justice française. L’épouse d’Omar Bongo, fille de Denis Sassou-Nguesso, a par exemple acheté un hôtel particulier près des Champs-Elysées pour 18,8 millions d’euros. Teodoro Obiang, et ses proches, ont eux acheté des limousines pour plus de 4 millions d’euros à Paris.
Wikio