Des heurts, sporadiques, entre policiers et manifestants se sont poursuivis durant la nuit à Téhéran, après deux journées de manifestations antigouvernementales, les plus meurtrières depuis les événements ayant suivi le scrutin présidentiel du 12 juin dernier.
Les manifestations étaient organisées à l’occasion de l’Achoura, l’une des fêtes les plus importantes du calendrier chiite. L’opposition voulait ainsi contourner l’interdiction de manifester imposée par le régime.
Lundi, les autorités ont augmenté la pression sur les détracteurs du président Mahmoud Ahmadinejad, qu’ils accusent d’avoir voler les élections, en arrêtant plusieurs membres importants de l’opposition.
Selon le site des parlementaires d’opposition Parlemannews.ir, deux proches de l’ex-président réformateur Mohammad Khatami ont été arrêtés, ainsi que trois des principaux conseillers du leader de l’opposition, Mir Hossein Moussavi.
Le site d’opposition Rah-e-Sabz mentionne aussi l’arrestation de Ebrahim Yazdi, qui fut chef de la diplomatie dans les années suivant la Révolution islamique, et actuel dirigeant du Mouvement pour la liberté de l’Iran, un parti officiellement interdit, mais toléré par le régime.
La télévision officielle Press-TV, qui diffuse en langue anglaise, a annoncé lundi que les autorités estimaient à huit le nombre de personnes tuées lors des manifestations de dimanche. Pourtant, peu avant, la télévision d’État en persan parlait de quinze morts. Les autorités affirment par ailleurs que les forces policières ne sont pour rien dans ces décès, attribuant la mort de manifestants à des « groupes terroristes ».
Les sites Internet de l’opposition avancent le bilan de cinq morts pour la seule ville de Téhéran, et de quatre à Tabriz, au nord-ouest du pays. Ils soutiennent par ailleurs que des manifestations ont eu lieu, dimanche, dans au moins cinq grandes villes du pays.
Ces sites, tout comme des témoins contactés par les agences de presse internationales, avancent que la police aurait bel et bien ouvert le feu à Téhéran contre les manifestants.
Une des victimes de ces tirs est le neveu du leader de l’opposition Mir Hossein Moussavi. Le site Internet réformateur Norooz affirme que des accrochages ont eu lieu lundi, devant une hôpital, entre des partisans de Moussavi venus apportés leurs condoléances à la famille du neveu, et des policiers sur place.
Ses funérailles, prévues en journées, pourrait donner lieu à de nouveaux affrontements.
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